Le blogue du Québec maritime

Gens du pays : 4 personnages à rencontrer dans nos régions
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    Mathieu Dupuis

Gens du pays : 4 personnages à rencontrer dans nos régions

On trouve, dans les régions maritimes du Québec, de nombreux ambassadeurs dont le nom doit absolument figurer sur votre liste d’incontournables lors de votre séjour. La fierté et l’amour qu’ils portent à leur coin de pays vous charmeront tout autant, sinon plus, que les paysages grandioses qu’ils habitent. Voici le portrait de 4 d’entre eux.

Ben à Ben

Benoit Arseneau, mieux connu sous le pseudonyme de Ben à Ben, incarne un personnage expressif, coloré… VRAI. Quelques mots suffisent pour avoir l’impression de le connaître depuis toujours.

Avec son « léger » accent madelinot, il nous parle de la mer comme d’un organe vital. « Lorsque je quitte mon Île, je m’ennuie d’ma mer » dit-il en riant. « Et ici, ce n’est pas le fleuve… oh non! C’est le GOLFE, la vraie mer. C’est une coche de plus! » précise-t-il avec conviction.

Natif de Pointe-Basse, à Havre-aux-Maisons, il porte en lui le récit de ses ancêtres. C’est au Fumoir d’Antan qu’il nous fait revivre les techniques traditionnelles de conservation du hareng, agrémenté, bien sûr, de savoureuses anecdotes. Il nous tient bien captifs durant 45 minutes, au cours desquelles il rend hommage aux 3 générations qui le précèdent.

« Le boucanage du hareng fumé aux Îles de la Madeleine, c’est bien plus qu’un mode de conservation, c’est un produit identitaire qui a longtemps assuré la survie de mes ancêtres ».

Comme il le souligne, les insulaires peuvent être vulnérables de par leur situation géographique. C’est pourquoi l’ingéniosité, l’entraide et la coopération se hissent au sommet des qualités des gens des Îles. Il est d’ailleurs un porte-parole indétrônable lorsqu’il s’agit de mise en valeur des produits régionaux et de maillage entre les entreprises.

Petit conseil avant votre visite : Assurez-vous d’être au rythme des Madelinots. « Les Îles, ça se respire, ça se sent, ça se « ZEN » ! », parole de Ben à Ben.

Perle

Née de l’union d’une artiste-peintre bas-laurentienne et d’un boulanger-meunier allemand, Perle Morency a hérité, à juste titre, d’une belle créativité et de la passion d’offrir de bons produits à ses clients.

Elle tient son nom de la mystérieuse rivière aux Perles, mieux connue aujourd’hui sous le nom de rivière Kamouraska, qui sillonne l’endroit où elle vit dans le Bas-Saint-Laurent. Sa vivacité, son imagination et sa grande ouverture d’esprit rendent justice à son joli prénom. 

Depuis quelques années, elle est l’heureuse copropriétaire de Côté Est, un café-bistro qu’elle opère avec brio, en collaboration avec son conjoint, le chef Kim Côté. Leur philosophie d’affaires est forgée d’abord sur l’esprit de coopération ainsi que sur des valeurs familiales et sur une grande liberté d’expression.

Le café-bistro est le reflet même de cette nouvelle génération d’artisans de la table qui ont à cœur la mise en valeur des produits locaux. Pour Perle, il y a une histoire derrière chaque plat. Diplômée en littérature, elle se fait un plaisir de raconter la petite histoire de chaque producteur (qu’elle nomme affectueusement « ses amis »), qui figure au menu. On comprend qu’il s’agit là de bien plus qu’une simple relation d’affaires.

Perle fait partie de ces piliers qui font de Kamouraska un incontournable de la gastronomie québécoise. Allez à sa rencontre et vous serez charmés par la beauté des lieux et par son sourire contagieux.

Wabush

Dès le premier contact, c’est la grande humanité de Gilbert Hervieux qui se fait sentir. Cet aîné de la nation innue de Pessamit nous fait voyager dans le temps en offrant généreusement à ses invités un petit bout de sa culture.

Le rendez-vous est lancé au Parc Nature de Pointe-aux-Outardes, en Côte-Nord. Et c’est là qu’on plonge à pieds joints dans l’univers de Wabush. Gilbert tient ce surnom (qui signifie « lièvre » en langue innue) de son père qui l’a initié à la chasse et à la pêche. La forêt est pratiquement une extension de lui-même : « C’est la senteur de la forêt qui me garde en santé » confie-t-il.

Fier de ses racines, il transmet avec passion les traditions et le mode de vie ancestral de son peuple dans un circuit où chaque emplacement devient une mise en scène.

« Je décris mon histoire en 2 heures au cours desquelles je parle de mon parcours, j’explique les techniques de chasse et de trappage de mes ancêtres, je fais visiter différents types d’hébergements ancestraux et je prépare de la bannique, un pain traditionnel que je fais cuire dans le sable ».

Wabush ajoute à son circuit une page très intime de sa vie qu’il a affectueusement nommée rêve inoubliable : « Je les invite dans un endroit qui représente pour moi un lieu sacré ». Ce sanctuaire lui remémore le doux souvenir de son épouse.

Fidèle à son engagement envers sa communauté, il termine sa visite en sensibilisant son public aux enjeux et problématiques vécus par les autochtones d’aujourd’hui. Ne vous privez surtout pas de lui faire une accolade avant votre départ. C’est pour lui, un signe de respect et une récompense.

Clo

Née à Pointe-à-la-Frégate en Gaspésie, là où les levers de soleil sont exceptionnels, Claudine Roy reflète une palette de couleurs et de lumière qui la fait rayonner partout où elle passe.

« Je porte en moi l’amour de mon pays » dit-elle en parlant de sa belle péninsule.

Depuis son tout jeune âge, elle est menée par une fougue qu’elle a du mal à expliquer. Fonceuse, énergique, hyperactive, peu importe la qualité qu’on lui attribue, tous s’entendent pour dire qu’elle est une véritable force de la nature.

Depuis plus de quarante ans, elle met tout en œuvre pour développer son milieu. Propriétaire de l’incontournable Bistro-bar Le Brise-Bise durant 30 ans, elle a aussi été l’instigatrice de la Grande Traversée de la Gaspésie. Avec son intarissable goût de bouger, elle contamine tous les gens qu’elle rencontre en les faisant skier, marcher, danser et chanter. « Je célèbre la vie et je puise ma lumière à travers chaque personne que je rencontre » confie-t-elle.

Elle est aussi la chaleureuse propriétaire de l’Auberge sous les arbres, située à Gaspé, où elle accueille ses clients comme des membres de sa famille. Ne vous étonnez pas si elle vous nomme « mon amour » ou « ma chérie », cette légendaire facilité de tisser des liens avec les gens fait sa marque de commerce. « Je veux que mes invités repartent avec la Gaspésie tatouée sur le cœur » dit-elle.

Si vous croisez sa route, osez trinquer avec elle « à la vie qui nous unit ». C’est son plus bel adage.

 

Quatre beaux humains passionnés, accueillants et chaleureux, à l'image des gens d'ici!

Fort à parier que vous avez fait de belles rencontres lors de votre voyage chez nous, on veut vous lire!

Catégories Gens du pays

Auteur Katie Jalbert

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(1) commentaire

Diane Dwyer

Quel beau texte pour accompagner des gens de notre pays! Merci Madame Jalbert!