Le blogue du Québec maritime

Ces clichés tenaces sur l’hiver québécois

Il a suffi d’un reportage sur la chaîne française TF1, diffusé en décembre dernier, pour provoquer un déluge de commentaires et rappeler que les clichés sur l’hiver québécois avaient la vie dure de l’autre côté de l’Atlantique. L’occasion est donc belle de tordre le cou, non sans humour, à quelques préjugés tenaces, qui sont, on s’en doute, indissociables de la promotion touristique.
Mais comme on le dit si bien dans la patrie de Félix Leclerc, « trop, c’est comme pas assez… »

Le Français qui nourrit ces lignes a appréhendé son premier hiver chez les cousins. Je me souviens de ma première tempête, en novembre 2007, des voitures prisonnières… et de leurs propriétaires s’échinant à les libérer à grandes pelletées. Plus de 30 centimètres pour mon baptême, c’était une belle entrée en matière! Dans ma rue sens dessus dessous, je crois que je devais être le seul à trouver ça « l’fun »! La nouveauté, sans doute… Je me souviens surtout du thermomètre bleu comme mes mains, de la glace, imperturbable, sur les lacs gelés, même en voiture (je capotais!), et de ce refroidissement éolien typique, comme si, à l’instar des taxes dans les magasins, on avait majoré les températures affichées. Aujourd’hui, l’hiver est pour moi une saison comme les autres, et je l’apprécie presque autant que l’été. Je l’ai apprivoisé. Il n’est pas si terrible qu’on le prétend, mais il prend ses aises! Et puis sans lui, le Québec serait comme un cousin français qui ne chiale pas : moins authentique!

 

Traineau à chiens au Québec

Du traîneau à chiens pour s’amuser…et non se déplacer.

Mon pays c’est l’hiver…

On ne va pas contredire Gilles Vigneault, mais de là à dire que l’hiver dure 8 mois, c’est aller un peu vite en besogne! C’est vrai qu’il a tendance à s’alanguir sur le thermomètre et sur notre moral, passé le mois de mars, mais il finit par s’estomper pour laisser leur chance à d’autres saisons. Car au Québec aussi, il y en a quatre, même si le printemps a la vigueur d’un courant d’air!

 

Maudit traîneau à chiens!

En voilà un qui s’est incrusté dans la carte postale! Certes, c’est plus écolo, mais pas super pratique pour aller magasiner en ville, partir au ski avec les enfants, ou tenter un créneau. Il n’est pas inutile de préciser que cette activité pittoresque fait avant tout le bonheur des touristes, lesquels font aussi les yeux doux à la motoneige. Rassurez-vous : quoique sociables et affectueux, les huskies n’ont pas supplanté la voiture dans l’esprit des Québécois, d’autant que ces derniers possèdent le matériel idoine pour déblayer leurs routes!

 

Cabane à sucre au CanadaDans la famille des cabanes…

Ce pourrait être une variante de la sempiternelle cabane au Canada (qu’est perdue au fond des bois…). La cabane à sucre, souvent associée à la saison hivernale, n’ouvre pourtant ses portes qu’avec l’arrivée du printemps. C’est même une tradition. On appelle ça le « temps des sucres », qui n’est, hélas, pas celui du régime! Précisons que le port d’une chemise à carreaux rouge (encore un cliché coriace) n’est pas obligatoire pour s’y faire des amis.

 

Québec ou Pôle Nord?

L’exagération étant l’apanage du cliché, il faut reconnaître que la ritournelle des températures inspire des visions parfois frigorifiques au touriste. Le Québec de l’hiver est souvent associé à des sensations dignes du Pôle Nord. Sans présager des conséquences du réchauffement climatique, il faut avouer que la province s’est quelque peu « radoucie » avec le temps, que les hivers sont devenus moins rudes. Bien sûr, il y a toujours quelques séquences sibériennes pour nous rappeler le bon vieux temps, mais au risque de rompre le charme, il ne fait pas – 50°C de décembre à mars. Gilles Vigneault a chanté que son pays, c’est l’hiver; il n’a pas dit qu’il vivait dans un congélateur!

 

MontageL’efficacité avant la mode.

Pour terminer, quelques petits conseils sur la façon de s’habiller pour bien affronter l’hiver. Le froid a beau être « sec », donc plus supportable que l’humidité transperçante, la prudence et le bon sens restent de mise! Cela induit le recours à des vêtements chauds et efficaces, même si la méthode dite de « pelure d’oignon » (on superpose les couches) a déjà fait ses preuves.

Parmi les incontournables :

  •  Une tuque (bonnet) pour se protéger la tête et les oreilles.
  •  Une bonne paire de moufles, aussi appelées mitaines, qui gardent les doigts bien au chaud.
  •  Autres extrémités à soigner : les pieds. Les bottes ou chaussures d’hiver sont indispensables. Isolantes et imperméables de préférence!
  •  De grosses chaussettes.
  •  Une salopette ou un pantalon de ski, pour les épisodes de froid extrême, ou les amateurs de sortie en plein air.
  •  On n’oublie pas le baume à lèvres, autre compagnon à ne pas sous-estimer!

De manière générale, on privilégiera les vêtements isolants et respirants, proposés par la plupart des marques.

Tags hiver
Catégories Un peu de tout
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