Le blogue du Québec maritime

La Basse-Côte-Nord: pour toucher le ciel

Note : Alors que le N.M. Nordik Express a été remplacé par le N.M. Bella-Desgagnés, l'expérience de croisière demeure similaire. Initialement publié en juin 2010.

 

Rémi Savard est anthropologue de carrière et de cœur. Père de 4 enfants, grand-père et bientôt arrière-grand-père, il a travaillé une bonne partie de sa vie sur la Basse-Côte-Nord, entre Havre-Saint-Pierre et Blanc-Sablon. Son intérêt pour son métier lui vient peut-être de son père, arpenteur, qui a travaillé avec les Innus de la Côte pour réaliser ses relevés cartographiques. Il retourne régulièrement à cet endroit qu’il connaît bien et aime profondément. Il nous en a décrit les attraits en même temps que certains souvenirs.

Aller sur la Basse-Côte-Nord, c’est entreprendre un voyage sur un vaste territoire côtier. Lors de mon dernier séjour, j’ai laissé la voiture sur le quai à Natashquan pour m’embarquer sur le Nordik Express, qui fait office de route jusqu’à Blanc-Sablon. Les cabines du bateau sont confortables et l’on y mange très, très bien.

Ce voyage représente une belle aventure : le navire arrête dans les villages pour des escales d’environ 3 heures – il y a toujours des marchandises à débarquer et à charger. Cela laisse le temps de voir les alentours et de visiter les circuits touristiques mis au point par les villageois. Le contact avec ceux-ci constitue l’une des richesses du périple, car comme le dit Gilles Vigneault, « ce sont gens de paroles et gens de causerie ». Pour ajouter à leur accueil chaleureux, ils possèdent un sens de l’humour absolument incroyable : tout est matière à plaisanterie.

Le long de la Côte se trouvent aussi trois villages innus, dont La Romaine est le plus important avec plus de 1000 habitants. Quand j’y travaillais, dans les années 1970, la population atteignait à peine la moitié de ce nombre.

Face à Tête-à-la-Baleine, dans un paysage dépouillé où la végétation se rabougrit, se trouve un archipel d’environ 400 îles et îlots, nommé Toutes-Îles par Jacques Cartier lors de son premier voyage. L’une des plus grosses, l’île Providence, compte une chapelle centenaire et un presbytère qui sert d’auberge aux visiteurs. Un cimetière existe encore sur l’île voisine, où l’on retrouve entre autres la tombe de Jos Hébert (1830-1919), légende locale qui assura le service postal sur la Côte en cométique (traîneau à chiens) pendant plus de 35 ans. Ma grand-mère m’en avait parlé avant que Gilles Vigneault l’ait chanté, elle qui a vécu sur ces îles où les locaux s’installaient pour l’été, se rapprochant de leurs pêches. L’endroit sert aujourd’hui de villégiature à ceux qui y ont conservé des chalets.

Dans ces lieux, on a l’impression de toucher le ciel. L’horizon bas et la pleine mer forment un paysage magnifique et les couchers de soleil y sont uniques. Il faut visiter la Basse-Côte-Nord pour sa merveilleuse nature, pour ses habitants, pour se rendre au bout du continent, respirer le grand air, goûter un silence incomparable. Pareil enchantement ne laisse personne indifférent. Personnellement, j’y retournerais n’importe quand.

 

Commandité par Voyages CoSte.

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