Le blogue du Québec maritime

Île Bonaventure – Dans les pas des insulaires
  • Sur l'île Bonaventure, vous vivrez une excursion inoubliable
    Pietro Canali

Île Bonaventure – Dans les pas des insulaires

Saviez-vous que l’île Bonaventure, devant Percé, possède une histoire aussi riche que fascinante? C’est pour mieux nous l’illustrer et nous la raconter que la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ) a entrepris un travail de mise en valeur de son patrimoine bâti. Celui-ci recoupe toutes les époques de son occupation, des débuts modestes de la pêche à la morue sous le Régime français, aux XVIIIe et XIXsiècles où l’île est la propriété de la compagnie jersiaise des frères Le Boutillier, et jusqu’au XXe siècle alors que l’île devient une destination très prisée des artistes et villégiateurs qui y installent leur atelier ou leur chalet.

L'île Bonaventure compte 15 km de sentiers de randonnée pédestre répartis en 4 sentiers©Sépaq

Je rencontre Rémi Plourde, directeur du parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé, qui me fera faire la visite « Dans les pas des insulaires », mise sur pied pour présenter aux visiteurs le patrimoine bâti de l’île.

En débarquant du bateau, nous suivons le sentier jusqu’au poste d’accueil, qui est en fait un bâtiment restauré qui servait de dortoir pour les employés des pêches qui résidaient temporairement sur l’île. Je remarque que les bâtiments près du quai sont tous blancs et rouges; M. Plourde m’indique qu’il s’agit là de la marque des compagnies jersiaises.

Tout juste à côté, le restaurant de la SÉPAQ, le resto des Margaulx, se trouve dans un ancien entrepôt. Celui-ci avait, à l’origine, été construit à Paspébiac (à une distance d’environ 110 km). Les planches ont été numérotées, avant que le bâtiment ne soit démonté, puis transporté par bateau jusque sur l’île Bonaventure, pour y être remonté comme un grand casse-tête. Détail intéressant, toutes les poutres intérieures sont chanfreinées, c’est-à-dire que l’arête de leur chaque coin extérieur a été abattue. Pourquoi? Bien que cela leur donne un effet esthétique intéressant, la véritable raison est que les poutres chanfreinées réduisent les risques de propagation d’incendie.

La visite en tant que telle débute à la maison Le Boutillier, où l’on trouve une exposition sur l’industrie de la pêche à la morue, sur le modus operandi des compagnies de l’époque ainsi que sur les réalités des habitants de l’île. Cette maison était au XIXe siècle le lieu de résidence du gérant de la compagnie. Je souris lorsque M. Plourde me mentionne les critères de sélection du gérant : il devait être célibataire ou sinon accepter de vivre sans sa conjointe sur l’île pour qu’il puisse se concentrer sur son travail, il devait être Jersiais et il devait être de religion anglicane ou protestante, pour éviter que le curé ne soutire d’information sur la compagnie lors de la confesse. J’adore ces petits détails historiques savoureux…

Le parc est accessible grâce à une excursion qui permet de voir le rocher Percé de près.©Sébastien Larose

Nous empruntons le Chemin-du-Roy, sentier qui longe le côté sud de l’île, en suivant le chemin qu’empruntaient les habitants de l’époque. La journée radieuse nous offre une vue imprenable sur le paysage unique de Percé, dominé par le mont Sainte-Anne.

En nous éloignant du quai et des bâtiments centraux de la compagnie LeBoutillier, nous visitons des bâtiments témoignant des époques subséquentes de l’occupation de l’île. Nous nous retrouvons devant la maison Duval. La maison d’origine a été construite en 1912, par William Duval, à partir des matériaux de la maison de son grand-père, Peter-Nicholas Duval, un personnage haut en couleur qui avait notamment été corsaire pour le compte des Britanniques. Puisque la maison était en piètre état, elle a été reconstruite selon les plans et les techniques d’époque. Le résultat est saisissant; je jurerais me retrouver au siècle dernier!

Un peu plus loin, nous arrivons à l’ancien cimetière. Une plaque à l’entrée dresse la liste des habitants de l’île qui y sont inhumés, ainsi que la date du décès de chacun, ce qui nous laisse deviner les multiples tragédies qui ont secoué l’île au fil des siècles.

Le parc renferme l'un des plus importants refuges d'oiseaux migrateurs en Amérique du Nord©Sépaq

Nous terminons la visite dans le chalet et atelier de l’artiste Kittie Bruneau, où des chaises et des tables ont été aménagées afin que les visiteurs puissent s’installer confortablement pendant que le guide fait la conclusion de l’activité. C’est aussi un lieu agréable où s’arrêter pour casser la croûte et prendre quelques instants afin d’assimiler toute l’information que l’on vous communique durant cette visite qui vous fera découvrir une tout autre dimension de l’île.

Au-delà des magnifiques fous de Bassan, l’île Bonaventure présente également un intérêt majeur pour son patrimoine unique. Foulerez-vous les pas des insulaires vous aussi? Vous trouverez ici les heures de la visite guidée. Bonne visite! 

Auteur Jean-Pascal Côté

Traducteur agréé et grand amateur de plein air, Jean-Pascal travaille comme rédacteur et traducteur pigiste à partir de son Bas-Saint-Laurent natal. Il s’évade régulièrement en vélo de route, de cyclotourisme et de cyclocross, en ski dans les montagnes de la région ou de l'ouest du pays, ou encore en kayak de mer sur le fleuve Saint-Laurent. Il entretient constamment mille et un projets de voyage. Il tient également un blogue portant sur ses escapades en cyclotourisme qu’il alimente sur une base, de son propre aveu, très irrégulière.

Laisser un commentaire
*

(0) commentaire