Le blogue du Québec maritime

Les Premières Nations de la Gaspésie : à la rencontre des Micmacs!
  • Site d’interprétation Micmac de Gespeg
    Marilou Levasseur

Les Premières Nations de la Gaspésie : à la rencontre des Micmacs!

En visitant la Gaspésie, vous remarquerez que certains lieux possèdent des noms bien particuliers en grande partie influencés par les Micmacs. Ce peuple Mi’Gmak, qui signifierait « les ligués » ou « mes amis », est un « peuple de la mer » de par sa proximité géographique avec l’océan Atlantique. Présents en sol gaspésien depuis plus de 10 000 ans, ce sont les premiers autochtones à avoir établi un contact avec les nouveaux arrivants européens au 16e siècle. L’aide qu’ils leur ont apportée était en lien avec leurs habiletés pour la pêche et la navigation. Découvrez ce peuple passionnant et son apport à la Gaspésie contemporaine.

Aux portes de la Gaspésie, découvrez le secteur de la Mitis, qui viendrait du micmac miti (« peuplier ») et sipo (« rivière »), car les bords de la rivière du même nom sont très boisés. Les Malécites  venaient à son embouchure pour y pêcher l’anguille et le saumon. Route navigable, elle permettait de lier la baie des Chaleurs au Saint-Laurent. On suppose que cette rivière était témoin de rencontres entre les Malécites et les Micmacs de la Ristigouche.

Vous passerez ensuite dans la vallée de la Matapédia, où se trouve la rivière du même nom, qui viendrait du micmac mata signifiant « jonction » et pegiag, qui se traduit par « rivière ». Celle-ci est particulièrement reconnue pour la pêche au saumon, mais il est également possible d’y pratiquer diverses activités nautiques avec Nature Aventure notamment. On retrouve, dans la vallée de la Matapédia, quelques villes dont l’origine des noms est micmaque : Amqui (ankwi qui signifie « là où on s’amuse »), Causapscal (goesôpsiag pour « fond pierreux et brillant ») et Sayabec (Sakpegiag composé de sak qui signifie « remplie » et pegiag qui veut dire « rivière »), pour ne nommer que ceux-là. Cette vallée possède également une autre rivière à saumon du nom de Patapédia, du micmac patapegiag qui se traduit par « courant inégal, capricieux, impétueux ».

La Baie-des-Chaleurs accueille quant à elle deux communautés de premières nations de la Gaspésie, soit celles de Listuguj et de Gesgapegiag.

Listuguj, du micmac Lustegooch dont les traductions varient entre « rivière de la longue guerre », « petit arbre » et « belle rivière », a donné son nom à la rivière Ristigouche. Cette dernière fut témoin de faits historiques comme la Bataille de la Ristigouche, qui est racontée au Lieu historique national de la Bataille-de-la-Ristigouche. Près de la réserve se trouve le village d’Escuminac, qui signifierait « jusqu’ici il y a des petits fruits ». Vous croiserez ensuite le village de Nouvelle et le parc national de Miguasha (du micmac Megouasag soit « falaise rouge »). Faites-y un arrêt pour suivre les traces de l’ère du Dévonien et admirez le fossile nommé Elpistostège Watsoni, un spécimen unique!

Gesgapegiag, qui signifie « rivière large », est située entre New Richmond et Maria. La rivière Cascapédia qui coule à proximité serait d’ailleurs une transformation du mot Gesgapegiag. On y retrouve la première école micmaque du Québec, inaugurée en 1864, où les enfants peuvent suivre leurs cours dans leur langue maternelle. L’église Kateri-Tekalowitha est aussi reconnue pour son architecture en forme de tipi géant et son intérieur mêlant représentations chrétiennes et capteurs de rêves.

Quelques villages ont également des noms inspirés de la présence des Micmacs : Shigawake (michigonac qui signifierait « eau blanche ») et Paspébiac (ipsigiag qui signifierait « barachois » ou « lagune ») par exemple. Pour pousser encore plus loin l’immersion autochtone, pourquoi ne pas dormir dans un tipi de Cime Aventures, sur le bord de la rivière Bonaventure?

Avant de vous rendre à la prochaine communauté autochtone, la découverte du Géoparc mondial UNESCO de Percé s’impose! À l’été 2019, le nom des sentiers et des géosites seront traduits en langue micmaque pour souligner l'année internationale des langues autochtones. 

La troisième nation amérindienne de la Gaspésie se situe sur sa pointe, à Gaspé, et se nomme Gespeg, qui signifierait  « bout », « fin » ou « extrémité ». Il s’agit de la seule des trois nations à ne pas posséder de terres et donc de réserve. En revanche, vous pouvez faire un arrêt au Site d’interprétation Micmac de Gespeg où vous attend une fidèle reconstitution d’un village traditionnel du 17e siècle. Grâce à une visite guidée, découvrez le mode de vie de l’époque à travers les wigwams, ronds de feu, pièges de chasse et autres objets. Terminez votre visite par un arrêt à l’atelier-boutique qui met en valeur l’authentique artisanat micmac.

Sur la rive nord de la Gaspésie, se trouvent des montagnes que les Micmacs avaient baptisées sigsôg qui signifie « rochers escarpés » ou « mur infranchissable » et qui décrit très bien la fin de la chaîne des Appalaches. On les connait de nos jours sous le nom de Chic-Chocs.  Le parc national de la Gaspésie vous offre aujourd’hui la possibilité d’admirer un coucher de soleil en Rabaska, un grand canot familial, depuis le lac Cascapédia ou encore d’aller à la rencontre d’espèces animales ayant côtoyé les Micmacs : orignaux, ours noirs, caribous, etc.

En suivant la route 132 en direction du Bas-Saint-Laurent, vous passerez par le village de Les Méchins dont l’origine du nom serait tirée d’une légende micmaque. Outikou, le génie du mal, aurait hanté la montagne en y mettant un monstre du nom de Matsi, « méchant » en micmac. Celui-ci, haut de 2,5 mètres, chassait les habitants à coups de bâton de la taille d’un tronc d’arbre. Au fil du temps, la traduction « méchant » aurait été transformée en « méchin ». Matane, quant à elle, aurait longtemps été fréquentée par les micmacs de Baie-des-Sables pour sa profusion de castors. D’ailleurs, Matane vient de Mictan qui se traduit par « vivier de castors ». Ce lieu aurait longtemps été, dans les déplacements des Micmacs, une importante étape qui permettait de se reposer et de se ravitailler. Un peu plus tard, elle a été le lieu de chasse et de commerce avec les marchands de La Rochelle (France). Un autre campement micmac se trouvait à l’actuelle chute de Tartigou, à Saint-Ulric, qui viendrait du micmac tlagatigotj et qui signifierait « rivière de la petite colonie ». 

Ouvrez bien l’œil pour ne rien manquer de la présence des Micmacs en Gaspésie. Bonnes rencontres!


À noter que les traductions des termes provenant de langues autochtones sont basées sur des sources variées et qu’il pourrait y avoir d’autres traductions ou interprétations possibles. Une grande partie de l’information est tirée du site de la Commission de la toponymie du Québec.

Laisser un commentaire
*

(0) commentaire