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Îles de la Madeleine : des idées pour vos vacances
  • Les Îles de la Madeleine sont offertes aux quatre vents
    Mathieu Dupuis/Le Québec maritime

Îles de la Madeleine : des idées pour vos vacances

En position de vigie au beau milieu du golfe du Saint-Laurent s’élève un plateau verdoyant ciselé en un archipel aux contours rouges et escarpés. Les Îles de la Madeleine sont offertes aux quatre vents. Même au creux d’un vallon où paissent les vaches, il est impossible d’échapper à l’omniprésence de la mer et à son parfum salin.

On y accède en avion ou bien en voiture ou en autocar par le traversier depuis le quai de Souris à l’Île-du-Prince-Édouard. Pour une expérience maritime complète, embarquez avec les croisières CTMA, qui offrent quant à elles une magnifique descente du fleuve Saint-Laurent jusqu’à Cap-aux-Meules, à partir du port de Montréal.

La faune

En plein cœur de la vie marine

Guillemots à miroir et marmettes, goélands marins, godes ou petits pingouins, tous ces oiseaux adoptent en saison les Îles de la Madeleine qui leur offrent leurs corniches pour y déposer leurs œufs et le milieu marin pour se nourrir. Les ornithologues amateurs verront apparaître dans leurs lunettes un drôle d’oiseau : le macareux moine. Appelé aussi « perroquet de mer » à cause de son gros bec crochu et des couleurs extraordinairement vives qui ornent sa tête ronde, il semble avoir du mal à s’arracher de la surface de l’eau lorsqu’il prend son envol et donne l’impression de s’écraser plutôt que d’atterrir. En revanche, son corps trapu au ventre immaculé est une bombe hydrodynamique lorsqu’il plonge pour pêcher. Pour observer l’imposante colonie de macareux, rendez-vous à l’île Brion! En bateau vers les îles sanctuaires, des phoques gris et communs, enjoués comme des jeunes chiens, plongeront en roulant pour montrer leurs flancs argentés.

Parcs et sites naturels

Les Madelinots et leurs îles

Composé d’une douzaine d’îles, dont sept sont reliées par des dunes ou des ponts, l’archipel des Îles de la Madeleine charme à coup sûr. L’île d’Entrée, l’île du Havre Aubert, du Cap aux Meules ou du Havre aux Maisons, Grosse Île, ces noms réfèrent à l’histoire de ses habitants, majoritairement d’origine acadienne. Ils sont aujourd’hui 13 000 à occuper et à faire vivre ce petit territoire qui s’étire sur quelque 65 kilomètres. Chaleureux, ils vous accueilleront dans leur monde qu’ils savent bien être le paradis des amoureux de la nature. En effet, les lieux attirent les amateurs de plein air; randonnée, vélo, kitesurf et kayak sont au nombre des activités qu’on peut y pratiquer.

La culture

Un Circuit arts visuels et métiers d’art des plus riches

Les Îles de la Madeleine ont engendré de nombreux créateurs. L’environnement y est certes inspirant par sa beauté, sa lumière et ses espaces qui insufflent un sentiment de liberté. On y pratique toutes les disciplines, y compris les arts de la scène. Le réseau des artisans y est particulièrement intéressant. Au cœur des éléments, les matières qui composent l’archipel sont elles-mêmes source de création. À Havre-Aubert notamment, l’Atelier Côtier regroupe des sculpteurs qui façonnent une infinité d’objets, des plus petits aux plus grands, dont la matière est puisée sur la plage. Accueillants, ils se feront un plaisir de vous parler de leur passion.

Le goût de la mer

Partout au Québec, on célèbre en mai l’arrivée du homard « des Îles ». Nul besoin de le désigner avec plus de détails, il est simplement succulent! De même pour les huîtres quand arrive l’automne : les caissettes de bois blanc remontent le fleuve et se dispersent dans toutes les poissonneries. Imaginez sur place! Un délice.

 « Avec des phares pour uniques montagnes… »

Il reste six phares sur l’archipel. Il s’agit de constructions anciennes, aujourd’hui mécanisées. Plusieurs datent des années 1870 à 1874, soit les phares de l’Anse-à-la-Cabane, du rocher aux Oiseaux, de l’île d’Entrée et du Borgot. Ils allaient enfin sécuriser le corridor maritime du golfe du Saint-Laurent. D’autres furent érigés à partir de 1904, notamment celui de l’île Brion. Si les continentaux accordent volontiers un certain romantisme aux phares pour leur aura de bienveillance, d’évasion et de danger, les Madelinots en ressentent plus concrètement le rôle de repères pour les marins qu’ils sont ou qu’ils furent. De très nombreux naufrages eurent lieu dans cette zone. La lumière des phares a certainement permis d’en éviter de plus nombreux encore. Plusieurs musées et lieux d’interprétation vous livreront ces faits et ces histoires d’insulaires.

Les Îles de la Madeleine, c’est un peu là où le Québec continental a les pieds dans l’eau. Coiffées de toutes parts d’un ciel aux humeurs changeantes, les îles regardent danser les pieds de vent vers le continent, ces rayons de lumière qui traversent les trous dans les nuages pour illuminer en nappes mouvantes la surface de la mer. Soyez du spectacle!

Auteur Nathalie Le Coz

Nathalie Le Coz arpente et canote le territoire avec une curiosité et un plaisir inépuisables depuis plus de 20 ans. Sa formation en anthropologie modèle son angle d’observation du monde, sa lecture de récits des anciens, son intérêt pour les gens et leurs pratiques. Elle multiplie les interventions en milieu muséal en métiers d’art, de même qu’en histoire et en archéologie. Nathalie Le Coz a publié aux Éditions Fides : Le Québec à 5 km/h. Sur les sentiers et rivières des explorateurs (2018), Gourmands de nature. La cuisine en plein air de la petite à la grande aventure (2009) et Découvrir le Bas-Saint-Laurent. Nature et culture (2007).

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