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L’observation d’oiseaux en Gaspésie
  • Marc Loiselle

L’observation d’oiseaux en Gaspésie

La faune ailée vous fascine? Vous êtes un ornithologue averti qui ne part jamais sans son matériel pour observer les espèces d’oiseaux les plus spectaculaires et les plus rares? Ou vous souhaitez profiter de votre séjour en Gaspésie pour vous initier aux plaisirs de l’ornithologie? Si vous avez répondu par l’affirmative à l’une de ces questions, c’est à vous que je m’adresse. Comptant très exactement 343 espèces d’oiseaux, la région vous offre plusieurs sites très riches et des environnements des plus variés pour les observer dans toute leur splendeur. Voici les principaux.

 

Réserve faunique de Matane

Vaste zone protégée de la forêt gaspésienne, la réserve faunique de Matane présente un environnement sauvage remarquable pour l’observation des oiseaux. Son réseau de sentiers de plus d’une centaine de kilomètres parcourt montagnes et vallées profondes, en plus de longer de majestueux cours d’eau, qui constituent des habitats naturels exceptionnels pour quelque 150 espèces. Vous pouvez y observer notamment l’aigle royal, le grand pic, la gélinotte huppée, le tétras du Canada, le balbuzard et le pygargue à tête blanche.

 

Parc national de la Gaspésie

Le parc national de la Gaspésie présente une particularité très intéressante pour les ornithologues. C’est qu’il est possible d’y observer à peu de distance plusieurs espèces dont les habitats sont généralement très éloignés les uns des autres, en raison des variations importantes de la végétation et des conditions climatiques entre les hauts sommets et les vallées. Le parc compte quelque 150 espèces d’oiseaux, dont le bruant à gorge blanche et l’alouette hausse-col, mais aussi l’arlequin plongeur, la grive de Bicknell et l’aigle royal. Selon les sentiers que vous empruntez, vous avez de bonnes chances d’apercevoir des pics à dos noir et à dos rayé.

 

Secteur entre Rivière-à-Claude et Gros-Morne

La route 132 en Haute-Gaspésie offre un décor à couper le souffle, se faufilant le long des hautes falaises et dans le fond d’anses pittoresques. Elle est jalonnée de plusieurs haltes routières dont les emplacements constituent d’excellents points pour l’observation d’oiseaux. Particulièrement durant les périodes de migration, vous pouvez y voir la macreuse à bec jaune, la macreuse à front blanc, la macreuse brune, le harle huppé et le garrot à œil d’or. Soyez particulièrement à l’affût dans les anses : des espèces de grands échassiers dont certaines rares pour la région s’y arrêtent parfois. Et si vous passez dans le secteur entre mai et juillet, ne manquez pas de faire un arrêt au cap de Gros-Morne pour y observer les nombreux guillemots à miroir qui y nichent.

 

Parc national Forillon

En plus d’être l’un des symboles les plus connus du parc national Forillon, les hautes parois rocheuses, notamment dans le secteur du cap Bon-Ami, constituent un lieu de nidification de prédilection pour de nombreuses espèces d’oiseaux marins, dont la mouette tridactyle, le petit pingouin, le guillemot marmette, le guillemot à miroir et le cormoran à aigrettes, toutes des espèces nichant dans les falaises du parc. De plus, de l’autre côté du cap, la baie de Gaspé est une importante aire d’hivernage du harelde kakawi et du garrot d’Islande. Et vous croiserez sûrement, durant vos randonnées sur les sentiers en milieu forestier, plusieurs espèces de bruants, de parulines, de geais, de pics et de grives. Bref, vous y trouverez votre compte, que vous préfériez les espèces aquatiques ou forestières!

 

Barachois de Malbaie (plage de Coin-du-Banc)

Vous savez ce qu’est un barachois? Il s’agit d’un banc de sable formé par les marées et les courants des rivières, où se créent des lagunes et des marais, des habitats parfaits pour les espèces d’oiseaux aquatiques. Le barachois de Malbaie, situé entre Gaspé et Percé, ne fait pas exception : il est visité par plus de 200 espèces d’oiseaux. Au printemps, il est fréquenté entre autres par diverses espèces de bernaches et de canards, et par le butor d’Amérique. L’été, il est le théâtre d’un grand défilé d’espèces de limicoles et de plusieurs grands hérons. Deux espèces menacées profitent également des conditions optimales de l’endroit comme lieu de nidification : le râle jaune et le bruant de Nelson.

 

Parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé

Lorsque l’on pense à « oiseaux » et « Gaspésie », la première image qui nous vient en tête est généralement celle du fou de Bassan. Et ce, à juste titre : la colonie de l’île Bonaventure comptant quelque 116 000 individus est la deuxième plus importante au monde et, surtout, la plus accessible. Vous pouvez l’observer entre avril et octobre, en vous rendant au lieu de nidification après une courte randonnée sur les sentiers de l’île. Il est également possible de l’apprécier sous un tout autre angle lors de l’excursion en bateau autour de l’île. Vous apercevrez peut-être du même coup des macareux moines qui établissent leur nid dans les crevasses des falaises (soyez à l’affut; ils sont minuscules!) Enfin, le guillemot marmette, le petit pingouin et l’arlequin plongeur fréquentent également le secteur, de même que le grand cormoran, quoique celui-ci soit plus visible le long des parois du rocher Percé.

 

Baie du Grand Pabos

En poursuivant votre route sur la 132 depuis Percé, vous arriverez à la baie du Grand Pabos, près de Chandler. Profitez d’une courte randonnée dans les sentiers du parc du Bourg de Pabos le long de la baie pour observer en été plusieurs espèces d’oiseaux aquatiques, notamment des grands hérons, des bihoreaux gris, des canards barboteurs, des marouettes de Caroline ainsi que des limicoles, de même que diverses espèces forestières qui s’aventurent en bordure de mer.

 

Baie de Port-Daniel 

À mi-chemin entre Chandler et Paspébiac, la municipalité de Port-Daniel est située dans une magnifique baie, prisée des touristes et aussi d’une grande variété d’espèces d’oiseaux. Vous pouvez observer à tout moment de l’année directement sur la grève, le long de la route 132, des laridés qui s’y rassemblent en nombre parfois impressionnant. Arrêtez-vous près de la gare, puisque le meilleur point d’observation se trouve directement face à celle-ci. L’endroit est également une halte migratoire, tant au printemps qu’à l’automne, pour certaines espèces rares, dont la mouette rieuse et la mouette pygmée. De plus, l’arlequin plongeur fréquente aussi le secteur, plus précisément près de la pointe du phare.

 

Que vous soyez un néophyte ou un ornithologue chevronné, ne manquez pas d’apporter des jumelles et un guide d’identification des oiseaux afin de tirer le maximum de vos observations d’oiseaux en Gaspésie, à ces sites ou ailleurs dans la péninsule. Consultez le circuit ornitho de la Gaspésie afin d’obtenir une liste plus complète des sites de la région. Mais surtout, ouvrez bien l’œil, pour ne rien manquer de ce que la nature a de plus beau à offrir.

Auteur Jean-Pascal Côté

Traducteur agréé et grand amateur de plein air, Jean-Pascal travaille comme rédacteur et traducteur pigiste à partir de son Bas-Saint-Laurent natal. Il s’évade régulièrement en vélo de route, de cyclotourisme et de cyclocross, en ski dans les montagnes de la région ou de l'ouest du pays, ou encore en kayak de mer sur le fleuve Saint-Laurent. Il entretient constamment mille et un projets de voyage. Il tient également un blogue portant sur ses escapades en cyclotourisme qu’il alimente sur une base, de son propre aveu, très irrégulière.

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(2) commentaires

yvan comtois

J'aime tout ce qui est nature, et encore plus dans le bas du fleuve, à partir de Québec, de chaque coté nord et sud, les Îles de la Madeleine, l'Île-du-Prince- Edouard, Nouveau Brunswick, tout. Merci la vie elle est la!!!!!!!!!!!!!!!!!

Tanya

Merci Yves pour ce beau témoignage d'admiration!

Mme Dany Tremblay

moi je commence à peine à prendre des photos d'oiseaux et je capote ... je suis de chicoutimi et vos photos sont supers belles ...