Le blogue du Québec maritime

Lieux historiques et sites patrimoniaux au bord de la mer à visiter
  • Parc national Forillon
    Mathieu Dupuis

Lieux historiques et sites patrimoniaux au bord de la mer à visiter

Pêche, navigation, batailles historiques, traite des fourrures; les régions du Québec maritime possèdent une riche histoire et un patrimoine naturel directement relié au Saint-Laurent. Plusieurs lieux historiques et sites patrimoniaux répartis le long des côtes de nos régions vous en racontent différents pans. En voici quelques-uns à inscrire sur votre liste d’endroits à visiter!

Histoire des pêches

Aux 18et 19siècles, l’industrie de la pêche en Gaspésie est dominée par deux compagnies de l’île de Jersey, la « Robin » et la « LeBoutillier ». Le Site historique du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac est l’endroit idéal pour découvrir l’histoire de cette période marquante de la région ainsi que le quotidien des pêcheurs et des travailleurs d’un poste de pêche de l’époque. Vous pouvez notamment y voir onze bâtiments, dont le plus gros bâtiment de structure de bois en Amérique du Nord. Le Manoir Le Boutillier, situé à L’Anse-au-Griffon, était au 19e siècle une maison d’échange et de commerce de la compagnie dirigée par John LeBoutillier, un personnage aussi influent dans le monde des affaires qu’en politique. Ce lieu historique national vous fera découvrir diverses facettes de cet homme, de sa compagnie et de son temps.

Dans les limites de l’actuel parc national Forillon se trouve Grande-Grave, un village aujourd’hui disparu, mais qui comptait quelque 400 habitants dans la deuxième moitié du 19e siècle. La majorité d’entre eux travaillaient pour des compagnies jersiaises comme pêcheurs, puis procédaient ensuite au salage et au séchage du poisson pour produire la fameuse morue « Gaspé Cure », exportée en Italie, en Espagne et aux Antilles. Des bâtiments historiques, dont la Maison Blanchette et le Magasin général Hyman & Sons, des guides-interprètes et des expositions vous présentent la vie de cette communauté centrée sur la mer.

Le secteur de L’Anse-à-Beaufils, au sud de Percé, met également en valeur son patrimoine axé sur la pêche. La Vieille Usine, qui regroupe une salle de spectacles, une galerie d’art et un café-bistro, occupe, comme son nom l’indique, une ancienne usine de transformation de la morue située sur le quai. À quelques pas de là se trouve le Magasin général historique authentique 1928, où des interprètes costumés vous ramènent dans la vie de l’époque à travers une visite guidée teintée d’un langage bien coloré.

Unique site historique des Îles de la Madeleine, La Grave a été un centre névralgique de la pêche sur l’archipel. Le site était visité par des pêcheurs bretons dès le 16siècle, mais c’est l’arrivée d’Acadiens après la déportation de 1755 qui marque le début de son développement. Le Musée de la Mer, situé en plein cœur de ce secteur dynamique, vous invite à faire un voyage dans le passé et à plonger dans la vie des insulaires au fil du temps. Après votre visite, déambulez tranquillement parmi les boutiques, ateliers d’artisans, restaurants et cafés, pour la plupart établis dans des bâtiments qui ont conservé un chaleureux cachet d’époque.

Phares

Toute région maritime compte son lot de phares, véritables témoins de la navigation côtière, de l’histoire et du développement régional. Il est possible d’en visiter une vingtaine dans nos régions, dont le phare de l’île Verte, construit en 1809, ce qui en fait le plus ancien phare du Saint-Laurent. Vous pouvez même séjourner dans les maisons des gardiens de phare afin de vous imprégner vraiment de l’ambiance des lieux et du calme insulaire. Plus en aval, le phare de Pointe-au-Père est quant à lui le deuxième plus haut phare au Canada, par ses 33 mètres. Faites une visite guidée et montez les 128 marches pour admirer la vue imprenable sur le littoral.

En Gaspésie, arrêtez-vous au Site historique de Pointe-à-la-Renommée. Vous y trouverez le phare ayant la particularité d’être celui qui a le plus voyagé au monde! Après avoir été déplacé dans le port de Québec, il est revenu à son site d’origine 20 ans plus tard. Des expositions sur place portent sur les réalités de la vie de gardien de phare et sur l’histoire de la première station radiomaritime en Amérique du Nord, installée à cet endroit en 1904.

Vous en voulez encore plus? Consultez le circuit de la route des Phares pour repérer les sentinelles à visiter!

Moments historiques

Le point de départ de l’histoire de la Nouvelle-France a été la traite des fourrures. Le premier poste de traite a été fondé en Côte-Nord, à Tadoussac, à l’embouchure de la rivière Saguenay, par Pierre de Chauvin de Tonnetuit en 1600. Établi dans une reconstitution du bâtiment d’origine d’après les dimensions relevées par Champlain, le poste de traite Chauvin vous ramène au tout début de la colonie en illustrant les échanges commerciaux entre les membres des Premières Nations et les Français à cette époque.

En 1760, la France envoie une flottille dans l’espoir de sauver sa colonie après la défaite subie à Québec en septembre 1759. Lorsqu’il apprend que des navires britanniques viennent à sa rencontre, le commandant français remonte la baie des Chaleurs, en Gaspésie, et installe ses troupes sur les bords de la rivière Ristigouche. Les Britanniques rattrapent la flottille à cet endroit. La bataille fait rage et scelle le sort de la France en Amérique du Nord. C’est cette page d’histoire que relate le lieu historique national de la Bataille-de-la-Ristigouche, entre autres en exposant les vestiges d’une frégate française du 18siècle retrouvée au fond de la rivière devant le site.

À Gaspé, le Berceau du Canada vous propose une représentation du cœur du village en 1900. Chacun des bâtiments reconstitués comprend une zone d’interprétation et des panneaux d’information. De juin à septembre, des personnages costumés animent ce lieu de rassemblement pour le plus grand plaisir des visiteurs de tous les âges. Vous pourriez aussi avoir la chance d’assister à divers spectacles qui ont lieu sur le site durant l’été.

Patrimoine naturel

Le patrimoine naturel est également à l’honneur dans nos régions. Le Géoparc mondial UNESCO de Percé vous invite à découvrir 500 millions d’années d’histoire de la Terre par l’intermédiaire d’une exposition multimédia unique en son genre et des 23 géosites mis en valeur dans le secteur de Percé, dont une crevasse, une grotte, un trou sans fond et une forêt magique, pour n’en nommer que quelques-uns. Procurez-vous une carte des sentiers du Géoparc et explorez ces sites au fil de randonnées et de promenades.

Les fossiles vous intéressent? Alors vous serez comblé au parc national de Miguasha où vous pouvez admirer l’unique spécimen complet d’Elpistostege watsoni sur la planète. Voyez pourquoi ce poisson fossile âgé de 380 millions d’années représenterait le chaînon manquant entre les poissons et les tétrapodes. Apprenez également, dans le cadre d’une activité guidée, les secrets de la falaise fossilifère, inscrite sur la prestigieuse liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Un ensemble de quinze jardins regroupant quelque 3 000 espèces et variétés de plantes, dont le fameux pavot bleu de l’Himalaya, et figurant aujourd’hui parmi les plus grands jardins en Amérique du Nord. Voilà ce qui pourrait résumer les Jardins de Métis, créés par Elsie Reford de 1926 à 1958. Venez admirer ce magnifique spectacle dans un décor enchanteur en bordure du Saint-Laurent.

Ces lieux piquent votre curiosité? Et il ne s’agit là que d’un échantillon des nombreux sites du genre que vous trouverez chez nous et qui vous feront connaître l’histoire de nos régions maritimes. Prenez le temps de les explorer durant votre séjour!

Auteur Jean-Pascal Côté

Traducteur agréé et grand amateur de plein air, Jean-Pascal travaille comme rédacteur et traducteur pigiste à partir de son Bas-Saint-Laurent natal. Il s’évade régulièrement en vélo de route, de cyclotourisme et de cyclocross, en ski dans les montagnes de la région ou de l'ouest du pays, ou encore en kayak de mer sur le fleuve Saint-Laurent. Il entretient constamment mille et un projets de voyage. Il tient également un blogue portant sur ses escapades en cyclotourisme qu’il alimente sur une base, de son propre aveu, très irrégulière.

Laisser un commentaire
*

(0) commentaire