Le blogue du Québec maritime

Satisfaire sa curiosité dans les musées et les lieux d’interprétation du Québec maritime
  • Site historique maritime de la Pointe-au-Père
    Mathieu Dupuis

Satisfaire sa curiosité dans les musées et les lieux d’interprétation du Québec maritime

Art contemporain, histoire, patrimoine maritime, sciences naturelles, patrimoine industriel; quels que soient vos intérêts, vous trouverez dans l’est du Québec des musées et des lieux d’interprétation qui satisferont votre soif de savoir. En voici quelques exemples.

Musées régionaux : arts, histoire et sciences

Reconnu comme l’un des plus beaux villages du Québec, Kamouraska est le cœur d’un secteur pittoresque, colonisé dès la fin de XVIIe siècle, et qui a été la première destination de villégiature d’Amérique du Nord. Le Musée régional de Kamouraska met en valeur le patrimoine agricole et maritime de la région, grâce entre autres à ses guides costumés, ainsi qu’à la géologie particulière du secteur, caractérisée par ses monadnocks, que l’on appelle ici caburons.

À Gaspé, le Musée de la Gaspésie est sans doute le meilleur endroit pour découvrir l’histoire de la péninsule gaspésienne. Outre l’exposition permanente intitulée « Gaspésie… le grand voyage! », il propose de nombreuses expositions temporaires faisant valoir l’histoire, l’art, le patrimoine et la culture des Gaspésiens. Après votre visite, allez voir le monument en hommage à Jacques Cartier qui se trouve sur le terrain du musée et commémore l’arrivée du navigateur français dans la baie de Gaspé.

Phares et patrimoine maritime

Les amateurs d’histoire seront bien servis au Site historique maritime de la Pointe-au-Père, près de Rimouski. Outre le phare, l’un des plus hauts au Canada, construit en 1909, le site comprend un musée dédié au naufrage de l’Empress of Ireland, survenu au large de Pointe-au-Père, le 29 mai 1914. De plus, le sous-marin Onondaga, long de 90 mètres, mérite un arrêt, notamment pour faire la visite audioguidée de 45 minutes qui simule une sortie en mer, au large de Rimouski.

Autre aspect intéressant de l’histoire maritime de la région, saviez-vous qu’une bataille importante entre la France et l’Angleterre pour la possession du territoire nord-américain s’est déroulée en Gaspésie? L’affrontement naval appelé la Bataille de la Ristigouche a eu lieu le 8 juillet 1760 et s’est soldé par une défaite française, scellant définitivement le sort de la Nouvelle-France. Le Lieu historique national de la Bataille-de-la-Ristigouche propose une exposition fascinante qui présente notamment les vestiges d’une frégate française récupérés dans les eaux de la baie.

Dans un passé plus récent, c’est à Pointe-à-la-Renommée, en Gaspésie, qu’a été installée la première station radiomaritime en Amérique du Nord, et ce, en 1904, par nul autre que Marconi. Au moyen de deux expositions, le Site historique de Pointe-à-la Renommée présente la vie des opérateurs radio ainsi que des gardiens de phare et de leurs familles. D’ailleurs, le phare de l’endroit a la particularité d’avoir fait le voyage jusqu’au port de Québec où il a passé 20 ans, avant d’être rapporté sur son site d’origine.

Mosaïque culturelle et histoire d’autrefois

Nos régions sont peuplées depuis des millénaires par les Premières Nations. La région de la Côte-Nord peut se targuer de posséder de nombreux sites archéologiques classés, qui en font l’une des plus étudiées en la matière au Québec. Le Centre Archéo-Topo, aux Bergeronnes, est un arrêt incontournable pour vous initier à l’archéologie et à la préhistoire autochtone, ou pour parfaire vos connaissances sur le sujet. Les fouilles effectuées sur place témoignent d’une occupation du littoral remontant à près de 8000 ans.

À l’arrivée des Européens au XVIe siècle, la Gaspésie était peuplée par la Première Nation Mi’gmaq. Sur la rive nord de la baie de Gaspé, le Site d’interprétation Micmac de Gespeg vous présente le mode de vie et les coutumes de cette Nation grâce à la reconstitution d’un village traditionnel et de son campement d’été tel qu'ils ont été retrouvés au XVIIe siècle.

Vous pouvez également visiter des reconstitutions de postes de traite en Côte-Nord. Mentionnons d’abord, le Poste de traite Chauvin, à Tadoussac. Il s’agit du premier poste de traite des fourrures au Canada, établi en 1600 par Pierre de Chauvin de Tonnetuit. La réplique du bâtiment d’origine a été construite en 1942, à partir des dimensions relevées par Champlain, le père de la Nouvelle-France. Puis, il y a le site d’interprétation du Vieux-Poste de Sept-Îles qui recrée la vie dans un poste de traite des fourrures au XIXe siècle, en mettant l’accent sur la rencontre des cultures innue et eurocanadienne.

En Gaspésie, le site Berceau du Canada est axé sur une représentation du cœur du village de Gaspé, tel qu’il était en 1900. Vous pouvez circuler parmi les bâtiments, notamment un entrepôt, une taverne, une résidence et une base navale, afin d’en apprendre un peu plus sur la vie des gens de l’époque au gré des zones d’interprétation, d’objets anciens et de mises en scène historiques. Si vous êtes adeptes de telles reconstitutions, ne manquez pas également le Site historique du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac qui vous fait revivre les XVIIIe et XIXe siècles, où l’industrie de la pêche en Gaspésie était dominée par les compagnies Robin et Le Boutillier. Observez les interprètes exécuter diverses tâches à la manière d’antan et parcourez les onze bâtiments d’époque, dont le plus gros bâtiment de structure de bois en Amérique du Nord, construit de 1838 à 1840.

D’ailleurs, à propos des deux grandes compagnies qui ont régné en Gaspésie, le Magasin général historique authentique 1928, situé à L’Anse-à-Beaufils, est un ancien magasin général de la compagnie Robin, Jones and Whitman. En y mettant le pied, vous plongez instantanément dans l’ambiance du début du XXe siècle grâce à la visite menée par des animateurs costumés et fondée sur des anecdotes régionales véridiques et colorées. De plus, à L’Anse-au-Griffon, sur le littoral nord de la Gaspésie, se trouve le Manoir Le Boutillier. Il s’agit de la maison d’échange et de commerce de John Le Boutillier, qui était à la tête de la compagnie du même nom. Les nombreux artéfacts, ainsi que les explications des interprètes vêtus de costumes d’époque, vous ramènent au milieu du XIXe siècle, à l’apogée de compagnie.

Durant votre passage dans les secteurs de Paspébiac et de Bonaventure, vous constaterez peut-être un accent différent qui s’explique par les origines acadiennes d’une partie importante de la population de la Baie-des-Chaleurs. Il est donc tout à fait naturel de trouver à Bonaventure le Musée acadien du Québec, qui relate l’histoire des Acadiens dans la province et propose de nombreuses activités culturelles et éducatives qui vous feront découvrir leur riche patrimoine.

Aux Îles de la Madeleine, plusieurs musées vous présentent des pans intéressants de l’histoire régionale. Vous trouverez entre autres le Musée historique de l’île d’Entrée qui offre un aperçu de cette île reconnue comme la « perle du golfe du Saint-Laurent »; le Musée des Vétérans qui honore la bravoure de Madelinots, hommes et femmes, durant la Deuxième Guerre mondiale,; et le musée de la Petite école rouge qui illustre l’histoire de la communauté anglophone de l’archipel. Les Îles n’auront plus de secrets pour vous (ou presque) après vos vacances!

À la limite du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, les Jardins de Métis figurent parmi les plus grands jardins en Amérique du Nord. Mais les amoureux d’histoire y trouvent également leur compte en parcourant l’exposition de la Villa Estevan. La collection vous brosse un portrait fascinant du quotidien de la créatrice des jardins, Elsie Reford, de sa famille et de leurs employés, en plus de vous faire voir d’un œil différent les jardins qui regroupent environ 3 000 espèces et variétés de plantes, dont le fameux pavot bleu de l’Himalaya.

Histoire naturelle

Les régions maritimes du Québec se démarquent par une géologie et un ensemble d’écosystèmes très variés. Le Géoparc mondial UNESCO de Percé vous invite à faire un bond de 500 millions d’années en arrière, grâce à l’aventure multimédia interactive Tektonik qui vous dévoile l’histoire géologique fascinante de la Gaspésie. Vous avez même une deuxième possibilité de remonter dans le temps jusqu’à la préhistoire en faisant un arrêt au parc national de Miguasha, qui est inscrit sur la prestigieuse liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO en raison de l’exceptionnelle qualité de conservation de ses fossiles. L’exposition permanente du musée présente les plus beaux spécimens de poissons et de plantes fossiles, datant d’environ 380 millions d’années. Allez jeter un coup d’œil à la falaise fossilifère, en empruntant le sentier « L’évolution de la vie », long de 3 km.

Si vous préférez la biologie à la géologie, venez découvrir au Bioparc de la Gaspésie une quarantaine d’espèces animales indigènes de la région et quelque 70 variétés de végétaux. Les enfants se souviendront longtemps de leur passage dans la petite ferme où ils peuvent caresser les animaux. Les plus endurcis retiendront quant à eux leur visite de l’impressionnante collection d’insectes vivants et naturalisés. Prolongez votre séjour en passant la nuit dans les Chalets du Bioparc afin de profiter davantage des nombreuses activités d’interprétation tenues en soirée.

En Côte-Nord, rendez-vous sur l’île Grande Basque dans l’archipel des Sept Îles pour apprécier les beautés de la géographie, de la faune et de la flore de l’endroit, et percer les mystères de l’environnement marin grâce aux activités d’interprétation dirigées par un guide-naturaliste. Un peu plus vers l’ouest, le Parc Nature de Pointe-aux-Outardes se trouve sur un site unique : une pointe de sable s’avançant dans la mer, coincée entre deux rivières mythiques, la Manicouagan et la rivière Outardes. L’endroit se démarque également par sa grande biodiversité, en raison des huit écosystèmes distincts qui s’y rencontrent. Un véritable bonheur pour les sens!

Réseau ÉCONOMUSÉE®

Qui ne connaît pas le sirop d’érable et autres produits dérivés de la sève de cet arbre? Cette pratique typique du Québec était déjà connue des Autochtones bien avant l’arrivée des Européens. Le Domaine Acer, à Auclair, dans la région du Bas-Saint-Laurent, amène cet art à un tout autre niveau grâce aux procédés de transformation mis au point sur place pour produire des boissons alcoolisées inspirées de l’érable. Dans le cadre d’une visite guidée des installations de cette entreprise membre du réseau ÉCONOMUSÉE®, vous apprendrez pourquoi les érables coulent ainsi que les secrets des méthodes derrière leurs produits savoureux, que vous pouvez déguster et acheter sur place. 

Autre membre du réseau, l’atelier Artisans du Sable, économusée du sable transforme le sable, omniprésent dans nos régions maritimes, en sculptures qui, soit dit en passant, constituent un souvenir original de votre visite chez nous…

Sciences de la mer

La mer est omniprésente dans les régions du Québec maritime. Votre visite chez nous est donc l’occasion idéale de parfaire vos connaissances sur les divers aspects scientifiques des milieux marins. Pour vous en révéler de nombreux secrets, Exploramer, à Sainte-Anne-des-Monts, présente six expositions, en plus d’une chasse au trésor pour les enfants. Si vous êtes de type plutôt manuel, trempez-vous les doigts dans les bassins tactiles afin de toucher des mollusques, des crustacés et des échinodermes vivants.

De l’autre côté du fleuve, en Côte-Nord, vous trouverez quatre centres d’interprétation sur les mammifères marins et leur milieu. D’ouest en est, il y a tout d’abord le Centre d’interprétation des mammifères marins, à Tadoussac, dont la visite constitue à la fois une excellente introduction ou un complément idéal aux excursions en mer pour l’observation des baleines. Les vidéos inédites, la collection de squelettes et l’expertise des spécialistes sur place vous feront découvrir les mammifères marins du Saint-Laurent. Il y a ensuite Explos-Nature, aux Bergeronnes, qui propose des activités, stages et camps pour vous aider à démystifier la faune du fleuve Saint-Laurent et du fjord du Saguenay par des sorties d’observation sur le terrain et des analyses en laboratoire. Vous apprendrez tout en vous amusant, c’est garanti! Un peu après Les Bergeronnes, le Centre d’interprétation et d’observation de Cap-de-Bon-Désir vous invite à découvrir les baleines et vous présente une exposition sur l’histoire des gardiens de phare qui ont vécu sur les lieux. Enfin, le Centre de découverte du milieu marin, aux Escoumins, propose, outre une exposition permanente, une activité unique en son genre, « Le Saint-Laurent en direct ». Vous pourrez suivre en temps réel à l’écran une équipe de plongeurs qui se trouvent sous l’eau, tout près du centre, et qui, grâce à leurs masques spéciaux, peuvent vous parler et répondre à vos questions.

Production d’électricité

La production d’électricité occupe une place importante dans l’histoire et le développement économique du Québec et nos régions ont été le théâtre de projets majeurs au fil des années. Si vos connaissances sur cette industrie sont limitées, une visite des installations hydroélectriques Manic-2 et Manic-5, en Côte-Nord, vous éclairera. Le barrage Jean-Lesage (Manic-2), un des plus grands barrage-poids à joints évidés, et le barrage Daniel-Johnson (Manic-5), le plus grand barrage à voûtes multiples et à contreforts au monde, vous impressionneront au plus haut point par leur immensité. Vous pouvez aussi faire la visite d’une ancienne centrale hydroélectrique qui a été rénovée récemment et qui a repris sa production dans le parc des Chutes de Rivière-du-Loup, au Bas-Saint-Laurent.

Vous remarquerez assurément de nombreuses éoliennes durant vos déplacements sur les routes de nos régions. La production d’énergie éolienne a débuté chez nous en 1988, plus précisément à Cap-Chat, en Gaspésie. Le site Éole Cap-Chat est axé autour de Éole, pionnière du développement éolien au Québec, et qui, par ses 110 mètres, est la plus haute éolienne à axe vertical au monde. Vous pouvez en visiter l’intérieur, prendre part à des activités spéciales organisées tout au long de l’année et surtout escalader la tour de l’éolienne pour profiter d’une vue imprenable sur le fleuve, ainsi que sur les autres éoliennes du parc qui parsèment la forêt environnante. 

 

Comme vous pouvez le voir, nos musées, lieux historiques et centres d’interprétation vous feront découvrir les réalités naturelles et culturelles de nos régions, tout en vous divertissant. Et c’est sans compter tout ce qui vous est offert dans nos parcs nationaux. Tous ces lieux s’imposent comme des incontournables pour donner une tout autre dimension à vos vacances chez nous!

Auteur Jean-Pascal Côté

Traducteur agréé et grand amateur de plein air, Jean-Pascal travaille comme rédacteur et traducteur pigiste à partir de son Bas-Saint-Laurent natal. Il s’évade régulièrement en vélo de route, de cyclotourisme et de cyclocross, en ski dans les montagnes de la région ou de l'ouest du pays, ou encore en kayak de mer sur le fleuve Saint-Laurent. Il entretient constamment mille et un projets de voyage. Il tient également un blogue portant sur ses escapades en cyclotourisme qu’il alimente sur une base, de son propre aveu, très irrégulière.

Laisser un commentaire
*

(3) commentaires

André Thibault

Bonjour, Je tiens à vous remercier et vous féliciter pour cet article au sujets des principaux musées du Québec maritime. C'est important de faire savoir qu'il n'y pas que dans les grandes villes où l'on trouve ces lieux de mise en valeur et d'interprétation de l'histoire du Québec. Bravo ! Sachant que tout ne peut être dit dans un seul article, il serait intéressant dans un autre écrit de faire découvrir les plus petits musées, moins connus mais tout aussi passionnants. Je pense notamment au Musée de la Neufve-France (http://www.vieuxmoulin.qc.ca/Musee/musee.html) ainsi qu'à la Grange à Dîme (http://www.sainte-flavie.net/attraits/attraits-histoire) tous deux situés à Sainte-Flavie. Aussi, on retrouve la Maison Bourgoin à Price (http://www.municipaliteprice.com/index.php?option=com_content&view=article&id=109&Itemid=84) et le Musée des Grands Québécois à Sainte-Luce (www.mdgq.ca). Bonne visite !

Tanya

Merci beaucoup M. Thibault pour ces recommandations. Je me suis assurée que les liens mentionnés sont navigables et j'en prends bonne note pour un prochain article. D'ailleurs, un nouveau billet sur Samuel Côté vient d'être publié et parle de l'exposition à la Grange à Dîme http://www.quebecmaritime.ca/blog/fr/7517/samuel-cote/ Au plaisir, Tanya Le Québec maritime

Blandine Coulombe Bérubé

Le Centre d'interprétation Éole Cap-Chat, site muséal est également un attrait fort intéressant à connaître par son histoire originale, sa visite i sans oublier son escalade.