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Les Premières Nations de la Côte-Nord : à la rencontre des Innus
  • Parc Nature de Pointe-aux-Outardes
    Mathieu Dupuis

Les Premières Nations de la Côte-Nord : à la rencontre des Innus

En visitant l’immense territoire de la Côte-Nord, vous remarquerez que bien des noms de lieux ont une consonance exotique. C’est parce qu’ils proviennent des Montagnais, nom français pour Innu (être humain). On compte d’ailleurs sept des neuf communautés innues du Québec dans cette région.

Pour atteindre la Côte-Nord à partir de Québec, vous traverserez le fjord du Saguenay, de l’innu Saki-nip (« eau qui sort » ou « source de l’eau »), pour arriver au village de Tadoussac, qui tire son nom de Totouskak (« mamelles »), en allusion aux collines que l’on retrouve aux alentours du village. Profitez-en pour visiter le Poste de traite Chauvin, une réplique du premier poste de traite de fourrures au Canada, établi en 1600. Celui-ci était le lieu d’échange commercial entre les Premières Nations et les Européens. Un séjour à Tadoussac est également l’occasion rêvée d‘observer les baleines dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent. Envie de découvrir les saveurs nord-côtières? Rendez-vous à La Galouïne Auberge & Restaurant, où le chef de descendance autochtone, Martin Brisson, vous concocte des plats à base d’aliments du terroir boréal : herbes sauvages, petits fruits, produits forestiers ou de la mer, etc.

En poursuivant votre chemin sur la route des Baleines, le long du Saint-Laurent, vous arriverez aux Escoumins, de l’innu iskomin (« jusque-là il y a des fruits, des graines ») ou d’une déformation du terme micmac eskumunaak (« lieu de guet »). Allez à la rencontre de la communauté d’Essipit (Etshipi pour « rivière aux coquillages ») et participez à une activité d’observation de l’ours noir, animal emblématique de la culture traditionnelle innue, en compagnie d’un guide expérimenté. La communauté de Pessamit (« lieu où il y a des sangsues, lamproies ou anguilles de mer »), juste avant Baie-Comeau, est la prochaine que vous croiserez. Non loin de là, au Parc Nature de Pointe-aux-Outardes, vous rencontrerez Wabush (qui signifie « lièvre »). Grâce à son activité « Wabush au Pays des Innus », vous plongerez au cœur du mode de vie de ce peuple : habitations, croyances, chasse, transport, etc. Ce sera aussi l’occasion de goûter à la bannique, un pain traditionnel cuit dans le sable.

On trouve en Côte-Nord de nombreuses rivières dont le nom provient de la langue innue. C’est le cas notamment de la tumultueuse rivière Manicouagan, qui découle de Menukuanistuk Shipu (« rivière à la tasse » ou « là où l'on donne à boire »). Elle alimente aujourd’hui les centrales hydroélectriques Manic-2 et Manic-5, cette dernière étant reliée au barrage Daniel-Johnson, le plus grand barrage à voûtes multiples et contreforts au monde. Des visites guidées de ces géants sont offertes.

Les échanges entre les communautés eurocanadienne et innue au 19e siècle ont eu une influence majeure sur ces deux peuples, tant sur le plan culturel que commercial. Plongez dans cette époque en compagnie des acteurs du Vieux-Poste de Sept-Îles et découvrez le quotidien d’un poste de traite des fourrures via un comptoir de traite, des expositions thématiques et interactives, ainsi que la reconstitution d’un campement innu. Tout près se trouvent les communautés de Uashat (« à la baie ») et de Maliotenam (« village de Marie »), qui sont maintenant regroupées sous un même conseil de bande. Profitez de votre passage dans le secteur pour visiter le musée Shaputuan (« la grande tente de rassemblement ») qui a pour mission de faire connaître et de perpétuer la culture innue.

Après avoir roulé sur près de 200 km vers l’est, vous rencontrez la communauté d’Ekuanitshit, où est située la Maison de la culture innue. Sur place, vous apprendrez une foule d’informations sur ce peuple, en plus d’y entendre l’innu aimamun, la langue parlée et chantée, et d’y observer le travail habile des artisans autochtones.

Du côté de Mingan (de l’innu Maikan : « loup des bois »), ne manquez pas l’occasion de marcher dans les pas des Innus et de découvrir les mystérieux monolithes de la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan, dont fait partie la célèbre Dame Niapiskau (« pointe de roche »). Prenez aussi part à l’activité « L’archipel de Mingan : Témoin d’un grand peuple », où vous accompagnerez des membres de la communauté d’Ekuanitshit et un animateur-guide de Parcs Canada sur l’île Quarry pour vous plonger dans l’histoire et le mode de vie des Innus de la région.

Face à Havre-Saint-Pierre se trouve l’île d’Anticosti, dont le nom innu Notiskuan signifie « endroit, lieu où ils vont chasser l’ours ». Les Micmacs l’appellent quant à eux Natigosteg (« terre avancée »). Considéré comme un territoire naturel et culturel exceptionnel, l’île abrite aujourd’hui plus de 160 000 cerfs de Virginie!

Votre route à destination de Kegaska, de l’innu tshakashekau (« escarpement rocheux qui a un versant abrupt à son sommet ») vous fera passer par les villages d’Aguanish (composé d’akwan « abri » et ish « petit ») et de Natashquan, où se trouve la communauté de Nutashkuan (« là où l’on a pris l’ours noir »).

À la fin de la route 138, prenez place à bord du Bella Desgagnés pour parcourir la Basse-Côte-Nord vers Blanc-Sablon, où vous passerez par les communautés d’Unamen Shipu (composé de unamen qui signifie « rouge » et shipu « rivière »), de La Romaine, et de Pakua Shipi (« rivière de sable »), où les activités traditionnelles de chasse, de piégeage, de pêche et d’artisanat sont encore bien présentes.

Votre passage en Côte-Nord vous révèlera bien des secrets sur le peuple innu et sur sa culture incroyablement riche. Qu’attendez-vous pour partir à l’aventure?


À noter que les traductions des termes provenant de langues autochtones sont basées sur des sources variées et qu’il pourrait y avoir d’autres traductions ou interprétations possibles. Une grande partie de l’information est tirée du site de la Commission de la toponymie du Québec

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