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Côte-Nord : destination rêvée!
  • Phare de Pointe-des-Monts
    Mathieu Dupuis

Côte-Nord : destination rêvée!

Région du Québec reconnue pour sa nature sauvage et sa démesure, la Côte-Nord éveille immanquablement l’esprit aventurier en nous! Ses trésors abondants et uniques piquent notre curiosité et nous font rêver à coup sûr. Avant de partir à la découverte de cette destination, apprenez-en plus sur les éléments singuliers qui la composent!

Sa géographie

Sur la carte du Québec, on repère facilement l’immense territoire de la Côte-Nord. Elle borde le Saint-Laurent au sud et partage ses frontières avec les régions de Charlevoix et du Saguenay–Lac-Saint-Jean à l’ouest et avec celles du Labrador au nord et à l’est. Du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, on peut y accéder via les traversiers. S’y rendre en avion et louer une voiture sur place pour le séjour est aussi une option.

Deux grandes routes nous emmènent à explorer les joyaux nord-côtiers. Tout d’abord, la route des Baleines qui, de Tadoussac à Blanc-Sablon, longe les côtes sur 1 250 kilomètres, traversant de nombreux villages. On suit donc la route 138 jusqu’à ce qu’elle prenne fin, à Kegaska. Il faut ensuite monter à bord du Bella Desgagnés, un navire cargo desservant l’île d’Anticosti et les villages de la Basse-Côte-Nord, jusqu’à Blanc-Sablon. Une fois l’hiver venu dans ce secteur, la route Blanche apparaît, permettant aux motoneigistes de circuler entre les communautés.

On découvre un tout autre univers en empruntant la route 389 à partir de Baie-Comeau. Celle-ci monte vers le nord du Québec jusqu’à Fermont, à la frontière du Labrador. Vous pouvez poursuivre votre chemin dans cette province, puis revenir vers l’ouest en longeant le Saint-Laurent. C’est ce qu’on appelle la boucle Trans-Québec – Labrador qui parcourt 2 385 km en plus des traversées en bateau.

Ses paysages

Comme le territoire à parcourir est gigantesque, on croise bon nombre d’écosystèmes et une nature changeante au fil de la route. On le remarque avec la forêt, qui s’étend sur 103 000 km2 et qui se transforme en taïga plus on se dirige vers le nord.

La proximité de la région avec le Saint-Laurent donne droit à de magnifiques points de vue sur l’estuaire, le golfe et leurs îles, qu’on prend le temps d’admirer à partir des rochers polis ou des plages de sable fin. D’innombrables lacs, rivières et chutes s’ajoutent au spectacle, ce qui en fait un lieu prisé des pêcheurs.

Des formations géologiques impressionnantes, les monolithes, se dressent du côté de la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan. Ces géants de calcaire sculptés par la mer présentent des formes parfois surprenantes.

Les villages ne manquent pas de charme non plus! Un décor de carte postale se dessine à Tadoussac, avec en prime l’une des plus belles baies au monde et le majestueux fjord du Saguenay, long de 100 km et large de 2 à 3 km! Le dépaysement est à son comble à la vue des hameaux qui parsèment la Basse-Côte-Nord, avec leurs petites maisons colorées dispersées sur le bord de l’eau, leurs trottoirs de bois et leurs quais.

Son histoire

Le paysage est teinté d’une histoire géologique importante. Par exemple, en explorant le parc national du Fjord-du-Saguenay, on peut admirer sous différents angles une vallée glaciaire envahie par la mer il y a 175 millions d'années! Le passage des glaciers laisse aussi des marques que l’on peut constater du côté de la réserve mondiale de la biosphère Manicouagan-Uapishka, un site reconnu par l’UNESCO. C’est à cet endroit, il y a environ 214 millions d’années, qu’une météorite de 8 km de diamètre frappa la Terre formant le cratère Manicouagan, appelé l’œil du Québec.

Grâce aux 1 400 sites archéologiques qui jalonnent la Côte-Nord, on retrouve des traces de présence humaine d’il y a 9 000 ans! Les Innus sont les descendants de ces premiers peuples ayant occupé le territoire. Leurs contacts avec les Européens remontent à l’an 1600, date de création du village de Tadoussac, premier établissement français en Amérique du Nord! Avec sa position géographique avantageuse, le village devient rapidement un poste de pêche et un lieu de traite des fourrures. Plusieurs lieux témoignent aujourd’hui de ces échanges entre Innus et Européens et la culture des Premières Nations rayonne sur le territoire, que ce soit par la toponymie, les mets traditionnels, les rituels, l’artisanat, etc.

Au fil des années, de petits groupes d’Acadiens, d’Anglais, d’Irlandais, d’Écossais, de Jersiais et de Canadiens français s’implantent. L’économie du dernier siècle s’articule autour de l’exploitation minière et forestière, l’hydroélectricité et les activités de chasse et de pêche, créant des emplois et attirant bon nombre de nouveaux habitants, notamment en provenance du sud du Saint-Laurent et d’autres régions du Québec. Le patrimoine industriel est fascinant à découvrir, avec la présence d’importants barrages hydroélectriques comme celui de Manic-5, le plus grand barrage à voûtes multiples et à contreforts jamais construit.    

Le patrimoine maritime occupe aussi une grande place, avec entre autres les phares et les épaves qui ravivent les souvenirs de naufrages. On surnomme d’ailleurs Anticosti « l’île aux naufrages » puisque plus de 400 accidents y ont été répertoriés! La pêche a grandement contribué au développement de la région et a eu un impact sur la vie des habitants tout comme sur le paysage et l’architecture. On peut en être témoin du côté de Natashquan, avec Les Galets, de petites maisons peintes de blanc et de rouge servant autrefois à entreposer le poisson séché et saumuré ainsi que le matériel de pêche.  

Sa faune

La Côte-Nord, avec le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, est reconnue comme l’un des meilleurs endroits au monde pour voir les baleines. On compte 13 espèces différentes (dont la baleine bleue, le plus gros animal sur Terre!) qui fréquentent ses eaux pour s’alimenter de poissons et de plancton. 25 sites d’observation terrestre et plusieurs excursions et croisières nous permettent d’apercevoir ces captivants mammifères marins. Des souvenirs qui ne s’oublient pas!

Dans la forêt nord-côtière, il est possible d’observer l’ours noir, animal emblématique de la culture traditionnelle innue. Des activités guidées permettent un contact privilégié avec l’animal, en toute sécurité et dans un cadre naturel.

Les chances de croiser un cerf de Virginie sur l’île d’Anticosti sont très élevées, puisque sa population dépasse les 100 000 individus sur une superficie de 8 000 km2 (pour environ 240 habitants)! Cette espèce fut introduite en 1896 à Anticosti par Henri Menier, un chocolatier alors propriétaire de l’île.

La faune ailée est d’une diversité formidable avec plus de 380 espèces qui fréquentent la région. En automne, la rive nord du Saint-Laurent se transforme en l’un des plus importants couloirs de migration dans le nord-est de l’Amérique du Nord! Quant à l’oiseau emblématique de la Côte-Nord, le macareux moine, on le retrouve surtout du côté de la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan. Ce perroquet des mers ne passe pas inaperçu avec ses mouvements quelque peu maladroits et son bec volumineux orné de bandes colorées.

Ses saveurs

L’omniprésence du Saint-Laurent se reflète dans les assiettes, où les poissons, mollusques et fruits de mer sont rois. Parmi les grandes vedettes de la région, on retrouve le crabe des neiges, la crevette nordique, le flétan, les moules, et les oursins.

La forêt boréale teinte également la cuisine locale. À commencer par la chicoutai, un petit fruit aux allures de framboise orangée et au goût à la fois acidulé et sucré. On la déguste telle quelle ou en marinade, gelée, compote, chutney, etc. D’autres petits fruits sauvages comme l’airelle, la groseille et la camarine s’y cueillent aussi.

Utilisé tout d’abord pour ses vertus thérapeutiques par les Premières Nations, le thé du Labrador est aujourd’hui bien connu et s’emploie d’une foule de façons, que ce soit en infusion, dans les marinades et même dans les desserts!

Tous ces produits sont à l’honneur sur les bonnes tables de la région et ils inspirent même les microbrasseries et distilleries qui s’implantent sur le territoire ces dernières années.

Quelques informations en vrac

Superficie : plus de 240 000 km2 (près de la moitié de la taille de la France)

Langues parlées : Le français est la langue première, bien que quelques groupes d’anglophones y soient établis, notamment en Basse-Côte-Nord. Dans les communautés autochtones, la langue innue est présente, et ce, même sur certains panneaux de signalisation.

Nombre d’habitants : Moins de 95 000 habitants

Heure : Comme la majeure partie du Québec, la Côte-Nord suit l'heure normale de l'Est (HNE). Toutefois, la portion Basse-Côte-Nord, elle, vit à l'heure normale de l'Atlantique (AST) toute l'année.

La Côte-Nord et ses grands espaces ont encore beaucoup de trésors à révéler et tout autant d’aventures et d’émotions à partager. Un voyage qui reste gravé dans la mémoire!

Auteur Marie-Eve Lagacé

Gaspésienne d’origine, Marie-Eve Lagacé adore l’écriture autant que son coin de pays! Imaginez la joie qu’elle ressent alors qu’elle peut combiner les deux en tant que responsable du blogue du Québec maritime! Ses sujets de prédilection? Les gens, la culture locale et les trésors insoupçonnés, voire insolites, que cachent nos régions. Bien qu’elle soit plus du type à relaxer avec un petit café et un bon livre, elle aime aussi se balader à la découverte de nouveaux paysages, ou encore nager avec les saumons de la rivière Matapédia!

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